pour libere le pays du joug colonial, aujourd'hui (2008) la jeunesse algerienne fuit le paye à la nage pour gagne l'autre rive.
Notre pays traverse une période cruciale de son Histoire, une Histoire faite de tourmente et de sang. Quarante six ans de médiocrité, de gabegie, de chape de plomb, de politique de « l'à-peu-près », n'ont pas réussi à tuer en nous l'espoir.
Nous sommes encore debout, prêts à consentir mille sacrifices, pour que l'Algérie soit à jamais cette terre d'espoir et de paix, pour qui nos aînés à travers tout le mouvement national s'étaient sacrifiés.
La confiscation de notre indépendance et la marginalisation de toutes nos compétences ont engendre ce profond marasme qui s'abat sur nous depuis des décennies. Une certaine « caste » (groupe de ouadja) veux fait de nous un sous ? peuple, une multitude faite pour subir une machine programmée pour acquiescer et applaudir.
Nos parents déçus par le semblant de projet de société des années soixante deux (62) Et traumatisés par la souffrance de notre peuple durant (07) années de guerre contre l'occupant, ont préféré le silence et la marginalisation à une nouvelle guerre cette fois fratricide. Le silence de nos aînés ouvrit la voie à toutes les aventures et notre génération fut la génération de toutes les expériences : du socialisme spécifique en passant par les programmeurs de l'état théocratique et maintenant un mandat à vie pour Bouteflika.
Notre silence a trop duré, l'Histoire nous interpelle.
Le RCD a tenu son Conseil National ordinaire le 26 juin 2008 à Alger. Il a procédé à l’évaluation situation politique nationale et internationale.
Le Conseil National a également pris connaissance des communications de :
M. Rabah Boucetta secrétaire national chargé de l’organique, M. Mohammed Khendek secrétaire national chargé de la communication, M Abdelkader Groucene secrétaire national chargé des Elections et des élus et M. Tahar Besbes vice-président du Groupe parlementaire.
S’agissant de la situation nationale, le RCD observe que la vie de
Après avoir déclaré publiquement que la révision de
C’est sur fond d’affrontements claniques que survient le limogeage du chef du gouvernement et son remplacement par un responsable qui a déjà occupé cette fonction à deux reprises.
Sans avoir donné de bilan, ni de justifications politiques au peuple, l’Algérie se voit proposer, dans l’opacité la plus totale et à la veille de la saison estivale, un Chef de gouvernement qui devra, par ailleurs, composer avec le même exécutif.
Pendant ce temps, la situation sociale subit une dégradation dont la rapidité n’a d’égale que l’ascension vertigineuse du prix du baril du pétrole. Pour faire diversion, le gouvernement donne en pâture la minorité chrétienne violant
Faute de vision et d’une méthode de gouvernance transparente et contrôlable, la nébuleuse intégriste, profitant du discrédit du pouvoir et de l’instabilité institutionnelle, prolonge chaque jour ses tentacules et développe ses nuisances dans notre pays, devenu la plaque tournante du terrorisme international et de l’émigration sauvage.
Au lieu de répondre au désarroi d’une jeunesse réduite à s’exprimer par l’émeute ou à fuir le pays dans un exil suicidaire, le pouvoir autiste s’emploie à développer ses instruments de répression.
Au lieu de traiter avec les syndicats autonomes, représentants légitimes de segments du monde du travail de plus en plus large, les dirigeants s’obstinent à entretenir une UGTA défaite, discréditée et hors d’époque.
Sur le plan économique, le RCD, constate et dénonce une dérive prédatrice qui hypothèque le développement du pays sur le moyen et long terme.
La conjonction du recyclage de l’argent drainé par le terrorisme et les accumulations maffieuses des potentats du régime sont relayées par des connexions internationales aux conséquences économiques et financières dévastatrices.
En effet, les annonces d’arrivée de capitaux et d’investissements moyens orientaux se traduisent généralement par le recours aux emprunts auprès de banques publiques dont la finalité est l’expatriation des bénéfices au détriment du développement national.
Le citoyen attend de la transparence dans la gestion des affaires publiques.
Le peuple, lassé par les manœuvres, exige des responsables qu’ils annoncent leur programme et qu’ils rendent des comptes à la fin de leur mission.
La Nation a besoin de légitimité pour ses institutions et non de manipulation de sa Constitution.
La fuite en avant actuelle et la confusion qui la caractérise ne feront qu’aggraver une situation déjà préoccupante à tous égards.
Instabilité institutionnelle, régression sociale, corruption généralisée, activité économique dominée par le bazar, fuite des capitaux et persécution des minorités religieuses signent l’impasse algérienne.
Partenaires et observateurs étrangers s’interrogent sur l’issue et les conséquences nationales et régionales de cette dérive.
Exil des cadres, naufrage de la jeunesse, dilapidation de la richesse matérielle du pays, repli sur soi, minent le devenir du pays et perturbe notre environnement géostratégique.
L’absence de décision, aggravée par les rivalités claniques, handicape la présence et l’influence de notre pays sur la scène régionale.
Donner comme partenaire enthousiaste dés l’annonce de l’Union pour
Pour sa part, le RCD, soucieux de la stabilité, de la cohésion et de la prospérité de
Il est temps que chacun définisse son positionnement et assume ses engagements.
Les appétits de pouvoir, les intérêts du régime et l’alternative au système ne sauraient se confondre.
S’opposer à la levée de la limitation des mandats ne dispense pas les acteurs politiques et sociaux, acquis au changement, de s’engager en faveur d’une surveillance internationale massive et qualifiée des futures élections pour permettre au peuple algérien de désigner librement ses représentants.
Les fraudes électorales sont à la base des dérives politiques sociales, économiques et sécuritaires du régime.
C’est ce blocage qu’il faut lever. Dans cette entreprise de sauvegarde nationale le RCD est disposé à apporter sa contribution.
LE R C D.
| Contribution publiée par le quotidien El Watan |
| Par Hamid Lounaouci député RCD |
| 16/06/2008 |
L’environnement économique mondial se caractérise aujourd’hui par une fluidité, une interconnexion et des volumes financiers qui ne laissent aucune place à l’improvisation. Selon le rapport de la Cnuced de 1997, la valeur totale des échanges mondiaux avait atteint 12 000 milliards USD et celle du volume du commerce international, en 2000, le chiffre de 6000 milliards USD.
Rapportée à des ratios mieux perceptibles, cette croissance dans les échanges des services, des biens et des flux financiers représente, selon le même rapport, une moyenne de 1850 milliards USD/hab. Il reste cependant que les écarts entre pays sont considérables. Ainsi, la valeur des exportations varie de 10 000 USD/hab en Europe à moins de 300 USD/hab en Afrique.
La moyenne algérienne par habitant dépasserait 2400 USD (en 2007) et chuterait à 160 USD hors hydrocarbures, soit la moitié de la moyenne africaine (in revue le Phare, septembre 2007). Si l’on pose un regard lucide sur la situation globale du pays, on ne peut pas faire l’économie d’une anticipation sur ce qu’il adviendrait si des perturbations brutales du marché venaient à faire chuter le prix du baril ou si nos capacités actuelles d’exportation venaient à être amoindries (cette hypothèse est d’ailleurs évoquée avec insistance par les observatoires de l’énergie). Conclusion : Désormais devenue récurrente, l’Algérie devra à l’horizon 2020 trouver non seulement de quoi nourrir ses populations mais aussi produire suffisamment de richesses pour faire face à une demande sociale incompressible et de plus en plus croissante (habitat, éducation, santé publique et autres services). Sans vouloir paraître alarmiste, le risque alimentaire est bien réel. Il doit, de ce fait, faire partie des préoccupations majeures des pouvoirs publics. C’est dire si la problématique du développement agricole se pose avec une acuité que nul n’a plus le droit d’ignorer.
La difficulté d’un développement alternatif aux hydrocarbures
Au vu de la fragilité sinon de l’inexistence d’un tissu économique dynamique et viable, notre pays se doit d’orienter un maximum de ressources vers des secteurs qui répondent aux urgences suivantes :
1. Assurer la sécurité alimentaire des populations.
2. Eponger un chômage devenu endémique et relever les niveaux de qualification.
3. Accroître et diversifier les productions et les services.
4. Viser des niches raisonnables d’exportation.
Pour aussi improbables que puissent paraître ces objectifs, au vu de la situation actuelle, il faut pourtant casser la morosité qui étouffe jusqu’à l’espoir. Au regard des potentialités de l’Algérie et hors industrie, le tourisme, l’agriculture et les PMI/PME y afférents constituent les piliers sur lesquels doit être assise cette mutation. Pour le premier secteur, aujourd’hui classé première industrie dans le monde, les réformes et la mise en place d’une politique efficiente demandent, même si la volonté politique existe, de nombreuses années. Deux à trois décennies sont même nécessaires pour créer un climat propice à l’accueil des touristes nationaux ou étrangers. Il faut le rappeler, l’activité touristique est le point de convergence de nombreux facteurs. L’aménagement du territoire, l’urbanisme, la sécurité, la formation des services performants et des infrastructures adéquates sont les conditions sine qua non qu’il faut prendre en charge bien en amont. Si l’on intègre ce qui relève de l’immatériel, à savoir la perception qu’a le citoyen algérien des visiteurs étrangers, on mesure le temps qu’il faut au secteur éducatif pour former une génération imprégnée de civisme et de tolérance. C’est dire l’ampleur du chantier dans un domaine où la concurrence ne laisse aucune chance à l’amateurisme. Osons le dire, dans l’état actuel de désorganisation qui caractérise les politiques publiques, le plus important est de préserver le potentiel touristique naturel afin d’éviter la prédation qui sévit aujourd’hui dans de nombreux secteurs, notamment celui du gâchis de l’urbanisme. Nonobstant des difficultés réelles, la mise en place d’une politique agricole audacieuse redonnera nécessairement une vocation économique à un secteur devenu otage de surenchères idéologiques, de la rente et des trafics en tous genres. Une question préjudicielle se pose alors : l’Algérie est-elle un pays agricole ? Abandonnons un instant le mythe de l’Algérie grenier de Rome et examinons quelques statistiques qui, même avec quelques réserves, sont édifiantes. Selon les propos du Pr H. Aït Amara, rapportés par Abdelmadjid Bouzidi, l’Algérie est le pays du Maghreb le moins doté en terres cultivables. Le ratio hectare cultivable/hab est de 0,26 contre 0,5 en Tunisie et 1 au Maroc. La démographie ascendante des années 1960, 1970 et 1980, le détournement du foncier agricole, l’érosion et l’absence de politique de mise en valeur ont contribué à faire baisser la disponibilité en terres cultivables, dans un pays où la population ne cesse d’augmenter et de se Iittoraliser. Selon le même auteur, qui reprend un classement international des populations que peut nourrir un pays avec ses propres terres, l’Algérie est classée au niveau 7 sur une échelle de 0 à 9. Nous sommes donc un pays à risque alimentaire élevé. La situation ira en s’aggravant en raison de l’exode rural continu qui vient augmenter la pression sur la sole agricole périurbaine. Ce phénomène, qui de manière connexe, a fini par déstabiliser l’embryon de citadinité de nos villes, risque à terme d’entraîner deux conséquences majeures :
1- Une saturation des villes dont ni les infrastructures, ni l’administration, ni les possibilités d’emploi, ni les conditions d’une vie décente ne sont en adéquation avec la nouvelle demande. L’explosion de la délinquance et de nombreux fléaux sociaux sont certainement, pour une partie, le résultat de cette urbanisation « forcée et brutale ».
2- L’aggravation de l’absorption d’une grande partie du potentiel agricole du Nord déjà fort contraint par la carte de répartition démographique naturelle de notre pays.
Le charcutage de la plaine de la Mitidja, des grandes plaines de l’Oranie comme celles de Annaba est un des exemples qui confirme l’échec de la politique économique et sociale menée jusque-là. L’inexistence d’une vision rationnelle de l’aménagement du territoire et le populisme érigé en mode de gouvernance ont créé une telle dysharmonie dans le développement que « le tropisme vers les villes » a été impossible à contrôler. Cette situation, il est vrai, a été aggravée par la terreur islamiste qui a conduit des centaines de milliers de familles à déserter les campagnes. A ce sujet, et selon un rapport de l’ONG global IDP Project (qui se présente comme un observatoire des déplacements internes dans le monde), il y aurait plus d’un million de personnes vivant dans les zones rurales, qui auraient été contraintes de quitter leur village. L’Union européenne estime, quant à elle, qu’il y aurait 1,5 million de déplacés. Il est cependant important de rappeler que le phénomène de l’urbanisation des terres agricoles ne vient qu’aggraver une situation déjà fort préoccupante du point de vue de la dépendance alimentaire. Le Pr Aït Amara rapporte que 80% des besoins en céréales et 2 calories sur 3 consommées sont importées.
La facture alimentaire qui a explosé en une décennie dépasserait, en 2007, 4 milliards de dollars US, dont plus de 60% pour les seuls céréales et produits laitiers. Lorsque l’on sait que l’ensemble de nos importations sont en totalité payées par les recettes des hydrocarbures, (dont les prévisions les plus sérieuses annoncent un déclin à l’horizon de 2020), on mesure la nature et l’inexorabilité du risque. Plus inquiétant, la tendance mondiale à la recherche de sources d’énergies alternatives et à la préservation de l’environnement va inévitablement induire une concurrence de plus en plus forte sur l’agriculture destinée à la consommation humaine. Si elle venait à se confirmer dans les prochaines années, cette tendance impliquerait une baisse de l’offre mondiale et une hausse des cours. A ce sujet, Jean Ziegler (rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation) estime que la production massive de biocarburants constitue « un crime contre l’humanité ». Il avertit : « Le monde se dirige vers une longue période d’émeutes et de conflits liés à la hausse des prix et à la pénurie des denrées alimentaires. » Rapportée à notre région, l’Afrique du Nord, cette situation risque non seulement d’être plus grave, mais ses effets dévastateurs vont se faire sentir plus vite qu’ailleurs, en raison des changements climatiques qui entraînent des cycles de sécheresse plus longs mais aussi plus rapprochés. Le constat est sans appel. Ni l’état actuel de nos potentialités agricoles, ni l’environnement international ne prêtent à l’optimisme. L’enjeu alimentaire est vital et les nécessaires politiques agricoles doivent être autrement plus audacieuses et rigoureuses que celles énoncées dans le PNDRA ou le récent projet, portant loi d’orientation agricole. Aussi sévères que puissent paraître certaines constatations, elles sont pourtant bien réelles. Secouée par de multiples réformes, toutes inspirées par les idéologies du moment, l’agriculture algérienne, au même titre que les structures sociales qu’elle détermine, a subi nombre de transformations juridiques. Autogestion, révolution agraire, loi sur l’accession à la propriété foncière (13 août 1983), loi sur la réorganisation du secteur agricole public (30 juin 1984), loi d’orientation foncière (18 novembre 1990), décrets exécutifs (97-483/97-484/97-490), se sont succédé et ont tous abouti à une addition d’échecs.
L’attention du législateur s’est exclusivement focalisée, pendant trois décennies, sur le secteur public, dit socialiste, marginalisant de fait un secteur privé qui représente les 2/3 de la surface utile. L’inopérance des politiques collectivistes, le sous encadrement, la bureaucratisation de la fonction agricole, la mise sous tutelle de la commercialisation ont fini par dévitaliser une activité, déjà fortement pénalisée en amont (irrigation, mise en valeur, protection phyto et zoo sanitaire). Le résultat est connu de tous. En 1971, l’Algérie exportait près d’un million de tonnes de productions agricoles (dont 80% de primeurs), chiffre qui n’a été égalé par le Maroc qu’en 2000. Le liège, les dattes, les peaux, les vins et autres produits vinicoles étaient des marchandises courantes à l’exportation. Les labels « produits d’Algérie » étaient reconnus sur les marchés internationaux. Une décennie de politique agricole doctrinaire aura suffi pour que notre pays soit importateur d’un milliard d’œufs, de six millions de tonnes de céréales, de plus de 250 000 tonnes de viande, de 300 000 tonnes de légumes secs et de centaines de tonnes d’agrumes (in revue le Phare septembre 2007). Il serait aujourd’hui présomptueux, au regard de la situation actuelle, de vouloir se fixer des objectifs d’exportation. L’enjeu primordial étant d’augmenter le ratio de production /per capita et de réduire la dépendance alimentaire des Algériens. Le défi d’une restructuration profonde du monde agricole ne peut plus être différé. L’ensemble des réformes menées depuis 1987 à ce jour ont délibérément évité le nœud gordien du problème, à savoir le statut juridique des terres agricoles publiques, dont nous ne citerons que les plus importantes.
A/Les terres issues de la restructuration des domaines autogérés
Pour l’essentiel, actuellement organisées en EAC/EAI, ces terres regroupées sous ce statut juridique représentent le tiers de la surface utile nationale (environ 2,8 millions d’ha). II faut rappeler que pour des raisons historiques, il s’agit du potentiel le plus fertile et le plus apte à recevoir la modernisation qu’appelle une intensification, devenue incontournable. L’organisation actuelle des terres agricoles du domaine public a ignoré, à ce jour, deux dimensions essentielles se rattachant à la relation paysan/terre.
1- Le désir de possession lié au principe économique de détention d’un bien négociable.
2- Le souhait des exploitants de voir consacrés leurs droits dans la pérennité de la propriété familiale. Le fait que ces deux réalités aient été éludées a entraîné un nouveau comportement basé sur le profit immédiat. Suite logique, les exploitations ont été abandonnées lorsqu’elles n’ont pas fait l’objet de transactions douteuses (sous-location, morcellement, ventes illégales). D’immenses superficies sont ainsi laissées en jachère aggravant de fait la situation d’un tissu de production déjà fortement perturbé. Un potentiel important est figé, mis à l’écart des possibilités de développement et se détériore d’année en année, en raison des tergiversations et du manque de lucidité qui caractérisent l’action gouvernementale.
B/ Les terres steppiques
Représentant plus de 20 millions d’hectares, où vivent plus de 5 millions d’habitants et où sont nourris près de 13 millions d’ovins, ces terres ont été l’objet de multiples lois et d’une superposition de statuts. La gestion de ces terres s’est aggravée par la dépossession des communautés de leurs droits ancestraux, alors que l’Etat s’est avéré incapable d’encadrer et de protéger ces territoires. La steppe est ainsi ouverte à toutes les
spéculations, avec les conséquences que l’on sait sur cet écosystème, déjà très fragile.
C/ Les terres de montagne
Considérée, à tort, comme le parent pauvre du secteur, l’agriculture de montagne n’a été à ce jour l’objet d’aucune mesure majeure des pouvoirs publics. Très largement présente en raison de la nature même de nos reliefs, cette agriculture, qui constitue à elle seule un vrai système de production, est en dehors de quelques opérations ponctuelles dans un état d’abandon quasi général. L’élevage bovin et caprin, la cuniliculture, l’apiculture, l’oléiculture et les productions fruitières sont autant d’activités à forte valeur ajoutée qui contribuent directement à :
• lutter contre la précarité qui touche de plus en plus de ménages ruraux ; • participer à l’effort de production ; • restituer à la fonction agricole sa noblesse et rendre attrayante la vie dans les communautés rurales ; • créer de l’emploi, y compris indirect, par la multiplication de PME liées à ce système de production (fromageries, unités de conditionnement, valorisation de sous produits ...).
D/ La désertification
Ce phénomène, devenu souci planétaire et préoccupation centrale de nombreuses organisations internationales sous l’égide de l’ONU, touche notre pays de manière très forte mais ne semble pas inquiéter outre mesure nos dirigeants. Visible, même à l’échelle de la vie d’un homme, la progression du désert menace jusqu’aux terres côtières. Le barrage vert, initiative louable en soi, géré de manière volontariste et imprégné d’une forte dose d’idéologie, est resté dans sa conception et sa réalisation inaccessible à la science et à la rationalité. L’échec de l’œuvre qui s’est conjuguée à une gestion calamiteuse de la steppe se mesure aujourd’hui dans les Hauts-Plateaux par une rupture des équilibres écologiques qui menacent non seulement la faune et la flore mais aussi la pérennité de notre élevage et son système de production extensif. La confusion générale qui entoure la propriété foncière agricole et l’instabilité qui en découle créent, par delà le monde agricole, une somme de problèmes qui non seulement déséquilibrent l’économie nationale mais aussi et surtout les structures sociales. C’est à cette périlleuse situation qu’il s’agit de répondre à travers la définition d’une nouvelle politique fondée sur la stabilité et la viabilité des exploitations et ayant pour objectifs :
1. L’encadrement et l’organisation de la fonction.
2. La stabilisation des populations rurales.
3. La construction d’unités économiques capables d’intégrer les innovations technologiques et les progrès biologiques.
4. La réponse aux besoins sans cesse croissants des populations.
5. Le développement d’une industrie agro-alimentaire dynamique.
6. La recherche de niches d’exportation possibles et réalisables.
Comme on peut le constater, la décision est d’abord politique. La mise en place des règles devant permettre de construire une agriculture moderne passe, outre une privatisation transparente, (ou des concessions de longue durée) par une implication permanente des services de l’Etat dans leurs missions régaliennes. Le contrôle de l’usage des terres, la protection de l’environnement, les protections phytosanitaires et zoosanitaires et l’encadrement de la profession ne devant être déléguées à aucune autre autorité.
L’état de sous développement qui caractérise notre agriculture est à ce point grave, que sans une vraie politique d’Etat débarrassée des pesanteurs idéologiques, il est illusoire de vouloir dynamiser un secteur avec des réformes détachées d’une stratégie plus globale. Fondamentalement, l’agriculture algérienne est caractérisée aujourd’hui par une somme de problèmes liés aussi bien aux conditions naturelles qu’à une désorganisation chronique.
1. La taille des exploitations (75% ont moins de 8 ha)
2. Plus de 50% des exploitations ne sont pas titrées et pour la plupart sont dans l’indivision.
3. La désertification, conséquence de l’inadaptation des systèmes de production, qui menace jusqu’aux terres telliennes.
4. La mise en valeur très largement en dessous du potentiel existant.
5. Le faible niveau d’encadrement.
6. L’inexistence d’un marché du foncier qui favorise les transactions occultes.
7. Des capacités d’irrigation très faibles. Pour ce dernier point et à titre indicatif, notons que l’ensemble des terres irriguées ne représente pas plus de 7% de la surface agricole utile (350 000 ha, selon les sources du ministère de l’Agriculture) et que moins de 9000 ha sont équipés en système économisant l’eau. S’il faut signaler que des efforts ont été faits dans le domaine de la grande hydraulique, il reste cependant que l’incontournable intensification de notre agriculture est intimement dépendante de la densité des réseaux d’irrigation. Région fortement exposée aux risques de sécheresse, l’Algérie se doit de compenser, par une vraie politique de l’eau, une pluviométrie faible et irrégulière (seule la petite bande littorale est située au-dessus de l’isohyète 500 à 800 mm/an). Réhabilitation et construction de réseaux, formation et vulgarisation sur les techniques d’irrigation, multiplication d’ouvrages de moyenne et de petite hydraulique sont autant de chantiers qu’il faut prendre en charge pour permettre une augmentation de la productivité des terres. Le simple examen de cette caractérisation démontre que si le problème de la propriété foncière est encore une fois éludé, les sommes faramineuses injectées dans des « réformes spectacles » ne serviront qu’au développement de la corruption et du détournement, comme c’est le cas du scandale lié aux concessions agricoles. L’absence de titres de propriété, la non-identification des exploitations, la difficulté de mise en place de crédits bancaires, le manque d’études pour la définition de zones agro-pédologiques et l’inexistence de mécanismes d’appui pour les cultures, dites stratégiques, créent de fait un désordre budgétivore de nul effet.
A l’instar d’autres activités économiques, gagnées chaque jour davantage par la paralysie, le monde agricole appelle d’abord une décision politique. L’assistanat, érigé en mode de gestion économique et social, a fait long feu. L’impatience des pans déclassés de la société fait irruption de manière violente et de plus en plus fréquemment. La manne financière actuelle et son effet soporifique risquent de n’être d’aucun secours à moyen terme. A la croisée de l’économie, du social et de l’aménagement du territoire, la crise de l’agriculture dévoile mieux que tous les autres secteurs l’impasse algérienne. Les conséquences multiformes que révèle le marasme agricole éclaire, a contrario, sur la multiplicité des décisions qu’appelle son émancipation. La solution ne peut être ni catégorielle ni conjoncturelle. Le déclin de notre agriculture est le témoin le plus sensible et le plus visible de l’absence de perspective nationale. La refonte de l’Etat ne peut être différée. C’est la seule question qui doit être à l’ordre du jour.
Par
Député RCD de Tizi-Ouzou et vice-président de l’APN, Nouredine Aït Hamouda est un personnage atypique dans l’échiquier politique national. Bête noire attitrée des islamistes et cible permanente de leurs alliés du «qui-tue-qui ?», le fils du colonel Amirouche a été, pour cause, à la tête du premier groupe des Patriotes qui ont empêché l’Algérie de sombrer dans une théocratie chaotique. L’homme est connu et redouté pour son franc-parler et ce sera sans concession — c’est le moins que l’on puisse dire — qu’il dresse, ici, le bilan de l’actuelle Assemblée. Mais pas qu’elle… Entretien réalisé Le Soir d’Algérie : L’actuelle Assemblée nationale vient de boucler sa première année de mandat. Quel bilan en faites-vous, vous qui en êtes vice-président et néanmoins membre de la direction nationale du parti le plus frontalement opposant qui y siège ?
par Kamel Amarni
Nouredine Aït Hamouda : Je suis en effet très à l’aise pour en parler : le bilan de cette Assemblée est globalement négatif. Le système du parti unique que je croyais à jamais révolu refait surface dans toutes les institutions, à l’APN particulièrement. Il est d’usage dans toutes les assemblées démocratiques de par le monde que l’opposition soit respectée. Mieux, elle est même encouragée à assumer son rôle d’opposant pour un meilleur équilibre des pouvoirs. Or, chez nous, au sein du Bureau de l’Assemblée dont je fais partie et, au-delà, au sein de toute l’Assemblée, toute idée qui ne va pas dans le sens des orientations «officielles » est perçue comme «une atteinte à l’unité nationale». Pire encore, nous sommes perçus comme des extraterrestres qui empêchent la terre de tourner. Un exemple pour vous dire quel type d’ambiance règne au sein du Bureau de l’APN : un vice-président d’obédience FLN, qui est en même temps président de l’Union des paysans algériens (UNPA), m’a récemment interpellé en ces termes : «Tu ne représentes qu’une minorité» ! Devais-je lui faire remarquer qu’effectivement, c’est une minorité qui a libéré le pays. Et c’est encore cette même minorité qui a imposé le multipartisme et le début de démocratisation du pays. Ceci dit, j’ai, juste après cet incident, suggéré au groupe parlementaire du RCD de demander l’ouverture d’une enquête sur toutes les terres agricoles qui ont été volées, squattées et vendues illégalement à travers tout le territoire national.
On a comme l’impression que le RCD est de plus en plus isolé à l’intérieur de l’APN et même à l’extérieur.
Au RCD, nous ne nous sommes fait aucune illusion sur ce que nous allions trouver à l’intérieur de l’Assemblée. Par contre, c’est avec fierté que les 19 députés du RCD assument leur rôle de seuls opposants à ce pouvoir. Etant malheureusement les seuls à représenter l’opposition démocratique, nous faisons tout pour être dignes de la confiance que la population a placée en nous. Nous avons commencé à militer dans les prisons du régime, déjà à l’époque du parti unique. La situation est autrement plus facile aujourd’hui. C’est dire que certains responsables se trompent lourdement sur les capacités du RCD. Qu’ils sachent que nous continuerons à être des opposants à ce régime conformément à la loi, et ce, non pas par infantilisme mais parce que ce régime est dangereux et pour l’unité nationale et pour l’avenir du pays tout court.
Le pouvoir de son côté vous renvoie la balle et, souvent, vous accable des mêmes accusations. Dernier épisode en date : les émeutes de Chlef et de Berriane.
Je vais vous répondre par une anecdote. Le 10 octobre 1980, j’étais à Chlef (El Asnam) à l’époque, lors du séisme. J’ai immédiatement appelé le Dr Saïd Sadi et le wali de Tizi- Ouzou pour les informer du désastre. La première équipe médicale dont faisait partie Saïd Sadi était la première arrivée sur les lieux. Et, tenez-vous bien, les services de sécurité à l’époque avaient fait des rapports pour dire ceci : «C’est Nouredine Aït Hamouda qui a appelé Saïd Sadi. Donc il était au courant que le tremblement de terre allait avoir lieu» ! Trois décennies après, je constate que les méthodes n’ont pas changé. Or, je tiens à affirmer que les émeutes de Berriane et de Chlef, comme toutes émeutes en Algérie d’ailleurs, ne sont pas l’œuvre de la main de l’étranger, mais bien celle des Algériens. Au RCD, nous avons une tout autre opinion des Algériens. Si, hier, les Algériens ont pris les armes pour faire sortir le colonisateur français, ce n’était certainement pas pour qu’aujourd’hui ils se laissent manipuler par «la main de l’étranger ». C’est une insulte pour ce peuple que de soutenir le contraire. Surtout si cela émane de ceux qui s’étaient planqués au Maroc pendant la guerre de Libération et qui étaient encore à l’étranger quand le terrorisme islamiste tuait et égorgeait les Algériens. Si l’on remonte aux faits, je me rappelle bien que lors de la confection de la liste RCD à Berriane, le wali de Ghardaïa, en accord avec son ministre de l’Intérieur, avait, déjà, pris la décision de supprimer la tête de liste sous prétexte «qu’il représente un danger pour la sécurité de la région». Tout en oubliant de dire que ce même militant tant redouté est… cadre à la wilaya de Ghardaïa ! Dès le lendemain de l’élection, remportée par le RCD, le chef de daïra claironnait à qui voulait bien l’entendre que cette APC ne tiendrait pas six mois ! Depuis, le chef de daïra et son wali n’ont pas cessé d’entraver le bon fonctionnement de cette APC. Le lendemain des émeutes, je me suis rendu à Berriane où j’ai rencontré le chef de daïra qui me disait qu’il ne s’agissait que d’«un chahut de gamins.» Quant au wali, il se demandait, rien que cela, ce que faisait «un étranger» dans la wilaya ! Quand un wali se permet de tels propos racistes, sans qu’il soit relevé de ses fonctions par son responsable hiérarchique, c’est qu’il y a connivence entre eux. Aussi, ce sont les mêmes propos et les mêmes méthodes utilisés à Chlef. Je suis donc fondé de croire que ces mêmes propos, tenus à 400 km d’intervalle par des responsables différents, ont été suggérés de très haut niveau. Surtout quand on sait que ces deux walis appartiennent à ceux que les gens appellent aujourd’hui «la secte de M’sirda». Et là, je comprends parfaitement le ministre de l’Intérieur quand il dit que ces deux walis n’ont fait que leur travail. Pour clore ce sujet, je vais encore aggraver le cas : j’informe le ministre de l’Intérieur que dans mon microordinateur, je suis toujours connecté avec l’étranger. Et que nous avons eu et aurons toujours des contacts avec les organisations internationales des droits de l’homme. Quant aux évènements de Chlef, le malaise a commencé lorsque le chef de l’Etat s’est permis de traiter toute une région de traîtres lors de la campagne de septembre 2005 pour le référendum sur la «réconciliation». Et lorsque, d’autre part, un ministre annule, seul, une disposition de la loi qui prévoyait l’octroi d’une aide de 1 000 000 DA qui concerne des milliers de sinistrés. A quoi vous attendiez- vous dans de telles conditions ? Mais personnellement, je constate que les wilaya historiques III et IV sont les cibles privilégiées de ce qui reste du clan d’Oujda. En un mot, la crise de 1962 n’est pas encore terminée. C’est pour cela qu’il est impératif de changer de génération au pouvoir.
Avant d’être député, vous êtes connu pour être un Patriote à l’avant-garde de la lutte antiterroriste, en Kabylie particulièrement. Cette région souffre toujours des menées terroristes plus que toutes les autres régions du pays. A quoi cela est-il dû à votre avis ?
Depuis 5 ans, la politique du président Bouteflika est exclusivement assise sur les gages à donner aux islamistes. C’est pourquoi les groupes des Patriotes ont été pratiquement dissous et les personnes ayant mené la lutte antiterroriste ont toutes été orientées vers d’autres tâches. Pire encore, la loi sur la réconciliation nationale, qui consiste à ne même pas juger les terroristes, a fini par démoraliser les corps de sécurité. Au final, tout le monde peut constater que, de nos jours, la politique de Bouteflika consiste à appliquer le programme du FIS sans les intégristes ! Vous comprendrez dans ce cas-là le désarroi que vivent les démocrates et, particulièrement, les Patriotes de ce pays. J’ouvre ici une parenthèse pour poser cette question au ministre de l’Intérieur qui voit la main de l’étranger partout : qu’il nous dise ce qu’il a fait de «Monsieur Hattab» et de «Monsieur Abderrezak El Para» ? La justice ne s’étant jamais saisie de ces dossiers. Qu’il nous dise alors dans quelle «maison » ils se reposent. Ce sont ces réponses-là que les Algériens attendent de lui.
A propos de Bouteflika, d’aucuns auront remarqué que la campagne pour la révision de la Constitution et le troisième mandat a brutalement cessé. Abandon définitif ou recul tactique, selon vous ?
Je peux, à la rigueur, comprendre un responsable politique qui ruse avec son peuple, mais ruser devant Dieu, voilà, bien, le péché suprême ! J’ai vu et entendu Bouteflika, par deux fois, prêter serment sur le Coran jurant qu’il respectera la Constitution à la lettre. Dans ce cas, à vouloir triturer la Constitution, on tombe dans le viol de la première loi du pays. Au moment où les plus grandes nations du monde, ont déjà élu ou s’apprêtent à élire des quadragénaires comme présidents, nous continuons à recycler un personnel politique qui a connu et côtoyé Bréjnev, Tito, Sokarno et le négus Hailé Sélassié. Vous pouvez deviner, dans ce cas, quel avenir est réservé à la jeunesse algérienne, qui préfère prendre le risque de mourir en mer ! Il y a 50 ans, les jeunes Algériens mouraient les armes à la main pour leur pays. Aujourd’hui, ils sont contraints à l’exil pour fuir misère, mal-vie et cynisme.
Il y a quelques jours, vous avez pris part à la célébration des tristes évènements de Mellouza. Un geste pas du tout apprécié «en haut lieu».
Je fais partie d’une génération qui n’est nullement culpabilisée par les erreurs que nos parents ont pu commettre durant la guerre de Libération. Ce qui s’est passé à Aïn Oulmane est inacceptable et intolérable même en temps de guerre. Je n’ai jamais compris pourquoi, depuis 1962, l’Etat algérien n’a jamais voulu se pencher sur ces drames qui concernent avant tout des Algériens. J’ai été sensible aux cris sincères de ces jeunes qui me disaient : «Nous ne sommes pas coupables et nous ne sommes pas des traîtres à ce pays.» Les habitants de ce village ont été anéantis parce que quelques-uns d’entre eux ont été des messalistes et ils continuent à traîner de nos jours ce lourd fardeau. Cela, alors que Messali lui-même est réhabilité et considéré comme moudjahid. Avant d’exiger de la France de nous présenter des excuses pour ses crimes en Algérie, commençons d’abord par demander pardon à nos propres concitoyens afin de rendre justice à ces innocents.
Au fait, où en sont arrivées les deux interpellations que vous avez faites au ministre des Moudjahidine ?
Cela fait 5 mois que j’ai fait deux interpellations au ministre des Moudjahidine. L’une concernant la séquestration par l’Etat des dépouilles de Amirouche et Si El- Houès, et l’autre à propos des déclarations que ce même ministre avait tenues et faisant état de la découverte de 10 000 faux moudjahids. Or, ce ministre refuse obstinément de venir s’expliquer devant les élus du peuple, ce qui prouve, s’il le fallait, tout le mépris de ce gouvernement envers le peuple algérien. A titre d’exemple uniquement, j’ai en ma possession des dossiers du ministère de la Défense française qui attestent de la collaboration d’individus avec l’armée coloniale durant la guerre de Libération dont l’un a été la cause de la mort de dizaines de maquisards. J’ai également en ma possession des attestations délivrées à ces mêmes individus et qui en font des membres de l’ALN entre 1957 et 1962. Ce qui est scandaleux, c’est que le ministère des Moudjahidine, qui est doté du quatrième budget de l’Etat, continue à verser des pensions à des traîtres alors que de véritables moudjahidine, invalides de guerre de surcroît, vivent encore dans le dénuement le plus total. Pour terminer sur cette question, je dirai simplement que le pouvoir mis en place de 1962 à nos jours a commencé ses activités politiques en détournant 45 millions de francs suisses représentant la cagnotte de la lutte de Libération nationale. Je comprends, dès lors, les raisons qui ont poussé ce même pouvoir à séquestrer les dépouilles de Amirouche et de Si El- Houès et, partant, à placer notre pays à la 93e place mondiale dans l’indice de corruption cité par Transparency International (encore l’étranger). Après tout cela, on pouvait effectivement s’attendre à ce que de jeunes citoyens soient tués pour avoir revendiqué plus de liberté dans leur propre pays. Je suis outré à chaque fois que je regarde la photo du jeune écolier, âgé tout juste de 14 ans et qui a été assassiné lors du Printemps noir de Kabylie. Son beau sourire me fait rappeler le jeune Omar tué par l’armée coloniale avec Ali la Pointe.
Vous n’êtes pas très tendre avec le pouvoir...
Les Algériens qui n’ont pas accepté la dictature des islamistes refuseront, j’en suis sûr, celle d’un pouvoir finissant. Quant à ceux qui accusent les Algériens d’être manipulés par une main étrangère, dois-je leur rappeler que la seule main qui manipule nos responsables politiques est celle de Karadaoui, et cette main-là est également étrangère ! Car au nom de quoi cet étranger nous dicte des fetwas que nos responsables s’empressent d’appliquer à la lettre. Ce sont des mains algériennes qui sont derrière le licenciement d’un directeur d’école à Tizi-Ouzou parce qu’il est de confession chrétienne, qu’une jeune femme a été traduite en justice parce qu’elle avait sur elle une Bible. Par ces actes, nos responsables politiques ont terni l’image de l’Algérie. Comment ne pas comprendre dès lors ces étrangers qui jugent notre pays intolérant et sa politique islamiste !
K. A.
Le nommé Si Affif à l'origine de la réunion est connu pour ses engagements aussi explosifs que variables. Les Algériens se souviennent de sa campagne de 2004 quand il faisait expulser par des bergers allemands des militants du FLN refusant de prêter allégeance à Bouteflika.
Sollicité tardivement le RCD qui a de tout temps été à l'écoute de la communauté émigrée, a décliné une invitation qui sentait le soufre à maints égards.
La position du Rassemblement en appelait à certains principes, tous évacués par Si Affif. Pour le RCD il fallait:
1) impliquer tous les groupes parlementaires à la discussion devant définir l'opportunité et les objectifs de ces retrouvailles.
2) faire le bilan des réunions précédentes pour éviter de retomber dans les pratiques de la défunte Amicale des Algériens en Europe.
3) associer la communauté émigrée aux préparatifs sur les rapports et les apports de la diaspora au pays.
Rien de tout cela n'a été fait.
Les textes sanctionnant la rencontre étaient préparés à l'avance et à la fin deux individus venus de Syrie ont sauté sur le micro pour en appeler à l'éternelle reconnaissance due au grand moudjahed et néanmoins grand guide Bouteflika qui a sauvé la Nation.
Coût de la rencontre qui a regroupé quelques 400 personnes 7 milliards de centimes sans compter les frais engendrés par la mobilisation des services de sécurités de l'administration une fois sur place, des chancelleries ...
Parmi les " invités" la plupart ne se sont jamais montrés lors des problèmes vécus par la diaspora algérienne ni même dans les mouvements associatifs.
Ce qui fera dire à un jeune journaliste présent sur place: " j'espère que dans ce lot de rapaces, il y a quelques braves personnes qui auront profité de ce voyage pour voir leurs parents."


