La réussite du Congrès du RCD est venue confirmer trois données essentielles pour tout acteur ou observateur soucieux de peser sur l’action politique ou d’en comprendre les ressorts.
1) La censure, la répression ou la corruption, si elles ont gêné la progression des luttes démocratiques n’en ont ni cassé les ressorts ni fondamentalement altéré la portée. 2113 congressistes ont vécu un grand moment de ferveur militante pour offrir un projet alternatif qui n’a rien à envier aux pays à traditions démocratiques.
2) Le désintérêt pour la chose politique que d’aucuns se plaisaient à donner comme une posture définitive a été démenti par la générosité et la solidarité des citoyens qui ont permis de réaliser le plus grand évènement politique algérien depuis avril 2004.
3) Cet engagement militant et la disponibilité de nos compatriotes à accompagner toute démarche de construction émanant de structures crédibles n’a d’égal que le verbiage démagogique du pouvoir. Le dernier exemple en date est la réunion qui avait vocation à donner enfin à l’Algérie un projet industriel. Qu’on en juge : voilà une perspective qui postule l’arrivée des IDE (investissements directs étrangers) comme la pierre angulaire du futur immédiat de l’Algérie. Fort bien.
Comment va-t-on convaincre les opérateurs étrangers de choisir notre pays au moment où Al qaâida le cible comme territoire privilégié de son offensive ?
Pourquoi des opérateurs qui n’ont amené aucune délocalisation avec un système bancaire archaïque, un statut du foncier industriel et agricole en jachère et un code douanier, pour le moins aléatoire, changeraient-ils d’avis au moment où le pays est secoué par les plus grands scandales financiers de son histoire ?
Qui va financer ce plan et quel en est le coût ?
Autant de questions sans réponses.
Et pourtant de réponses, le Congrès du RCD en a esquissé plus d’une.
D’abord en appelant à une réhabilitation de la morale en politique. Il est toujours désagréable voire inquiétant de constater que la corruption n’a épargné aucun palier de la vie nationale. Le RCD qui a eu à démasquer dans ses rangs des élus et même un ministre ripoux en sait quelque chose. Mais le phénomène n’est que partiellement dommageable si un parti ou un responsable sévit dès lors que la preuve d’une malversation est établie. Les Algériens n’attendent pas un paradis moral mais une volonté politique à freiner et au besoin sanctionner les délits. Sur ce registre un pacte entre toutes les formations politiques est possible.
Amener l’opposition démocratique à se mobiliser pour réduire les fraudes électorales est un engagement à priori réalisable.
Enfin, lancer un débat public pour que les principaux partis dévoilent leurs positions sur les grands problèmes de l’heure éclaircira la scène politique et, pourquoi pas, permettra un jour à l’Algérie de dégager, pour une fois dans son histoire, une coalition avant et non après être installée au gouvernement.


