Vendredi 22 Juin 2007
 

L‘élection du 17 mai est à méditer. Une fois les interprétations brutes retombées, des analyses et des constats qui en découlent éclairent la scène nationale.

Quatre données retiennent l’attention :

  1. Le taux d’abstention. Important, il n’est pas, quoi que l’on en dise, l’élément le plus précieux dans la problématique. Chacun sait que le civisme périclite et que le fossé institution-société s’élargit. C’est même la seule donnée prévisible chez nous.

     

  2. La fraude. La chose est une constante mais la brutalité avec laquelle elle a été exécutée renseigne sur les oppositions ou, en tout cas, les fragilités qui règlent les différents organes du sérail. De rouleau compresseur méthodique et implacable, la fraude est devenue une opération intempestive qui a mobilisé, ici l’irruption de la gendarmerie dans les bureaux de vote, là le bourrage des urnes, ailleurs le trafic des procès-verbaux, ou bien, comme ce fut le cas à Bejaïa, une redistribution des sièges au petit matin par le wali, instruit par Alger. La multiplicité des procédés et leur grossièreté révèlent des hésitations, voire des oppositions dans les différents sous-groupes qui se disputent chaque parcelle d’autorité.

     

  3. Le sort réservé au RCD, condamné à perpétuité à 19 députés, est à la fois une sanction et un message. Les militants du RCD ne sont pas seulement des sous-citoyens exclus de la décision politique par une ‘’majorité nationaliste’’, mais ils doivent être confinés dans la réserve de leur "ethnie". Ils sont interdits de débat puisque la Constitution stipule que pour avoir droit à l’initiative parlementaire il faut un groupe de 20 députés.

     

Le muselage et la ghettoïsation du RCD signent la volonté du pouvoir de jouer de l’ethnicisme pour empêcher la construction des représentations populaires sur des bases politiques.

  1. Enfin, le maintien du gouvernement après cette dérive électorale atteste, contrairement à ce que l’on dit ici et là, de l’incapacité du régime à trouver de nouvelles compositions qui auraient permis, au moins, de sauver les formes.

     

Comme réponse à ce naufrage, on prépare une loi révisant le régime électoral en prolongeant le mandat des élus locaux pour ne pas avoir à voter en plein ramadhan .

Ce qui est anticonstitutionnel.

L’opposition est une mise devant le fait accompli : choisir une date qui impose aux citoyens une élection en plein été ou accepter le principe d’une décision qui viole la Constitution. Tout cela parce que l’Etat est incapable d’établir un calendrier qui anticipe la fin d’un mandat.

Il semble aussi, qu’après avoir encouragé et manipulé la création de micro partis, on soit brusquement revenu à des visions politiques plus rationnelles puisque cette même loi prévoit des conditions de confection de listes électorales plus contraignantes pour les petites formations et les indépendants.

Un autre signe sur les tergiversations politiques d’un pouvoir épuisé par l’usure et miné par les oppositions claniques

publié par Mouloud Oubekkou dans: rcd-souk-ahras

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