Dimanche 09 Décembre 2007

Les élections du 29 novembre 2007 ont confirmé la gestion tribale du pouvoir en tant que stratégie d’Etat, révélé l’ancrage du RCD aux quatre coins du pays et le rétablissement, en Kabylie, de la perspective de la mise en œuvre du projet de l’opposition démocratique que le RCD a la lourde tâche de piloter.

 

 

 

Le premier constat, s’il n’est pas une nouveauté, annonce officiellement la volonté de prolonger les tentacules de la secte au pouvoir qui s’accapare tous les centres urbains désormais livrés à ce qu’il faut bien appeler la délinquance politique. En effet, même les partis de la coalition gouvernementale ont été purgés des militants plus ou moins intègres  pour laisser la place aux petits malfrats qui répondent au doigt et à l’œil à toutes les injonctions.

 

 

 

C’est à la fois inquiétant et, dans une certaine mesure, salvateur. On voit mal comment un pays comme l’Algérie peut continuer à subir, plus longtemps, un système politique fonctionnant sur le modèle ottoman où l’Etat s’en tient à prélever l’impôt - en l’occurrence il s’agit de confisquer la rente-, réprimer toute expression libre et rétribuer des agents d’une administration réduite au mercenariat. Et quand un pouvoir en arrive à interdire l’accès des bureaux de vote à l’ambassadeur des USA pour camoufler son forfait c’est que la marge de manœuvre se rétrécit dangereusement.

 

 

 

Le deuxième message délivré ce 29 novembre est nettement plus réconfortant même si, pour l’instant, il est relativement peu commenté. Un parti laïc et qui le revendique, réconciliant d’ailleurs en cela la collectivité nationale avec sa pratique religieuse originelle, a enlevé, le mot n’est pas trop fort, des communes dans toutes les grandes régions d’Algérie. Ces scores sont importants à considérer d’un double point de vue. Pour le RCD, il n’a pas suffit de gagner des APC, ce qui est une gageure avec un régime qui a, de tout temps, fondu l’expression citoyenne dans la fraude comme la mafia coule dans le béton les cadavres des gêneurs ; encore fallait-il pouvoir garder un score conquis contre les puissances de l’argent sale et la violence d’Etat.

 

 

 

Dans au moins neuf communes ( Tipaza, Chlef, Temouchent, Djelfa, Ghardaïa, Bikra, Guelma, Skikda, SBA), les citoyens ont du littéralement empêcher les barbouzes de détourner les suffrages par une mobilisation citoyenne massive et déterminée. Braver physiquement le pouvoir pour porter l’étendard d’un parti censuré et diabolisé jusqu’à l’outrance constitue un signe et un butin dont on n’a pas fini d’évaluer les retombées.

 

 

 

Enfin, que dans le même temps, la Kabylie -déstructurée par un plan machiavélique- retrouve ses repères et ses cadres autorise quelques espoirs dans une Nation marquée ces dix dernières années par la violence, la corruption et le tribalisme.

 

Est-il vraiment surprenant que ce soit le RCD qui, après avoir conçu et structuré les thèmes qui fondent aujourd’hui le projet démocratique, se retrouve sur le terrain pour les traduire, dans les institutions.

 

 

 

Il reste à faire  de sorte que les Algériens qui adhèrent à l’ambition démocratique et sociale de notre pays ne délocalisent pas une fois de plus leur conviction pour la mettre au service du « vote utile » dans les prochaines échéances. C’est là le nouveau défi du Rassemblement.

 

publié par Mouloud Oubekkou dans: rcd-souk-ahras
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