Vendredi 23 Mai 2008

Déclaration préliminaire de la conférence

de presse de SAID SADI le 21mai 2008

 

L’affaire Berriane signe un basculement inédit dans la gestion népotique de l’Etat.
Trois affrontements en deux mois dans une même ville. Bilan : trois morts, des dizaines de maisons incendiées, des milliards de dégâts et, surtout, des ressentiments intercommunautaires qui mettront longtemps, très longtemps à cicatriser.
Comment en est en arrivé là ? Comment mais surtout pourquoi ?
La thèse de tensions entre communautés mozabite et arabophone semble retenue et validée.
Rien n’est moins sur.
S’il est vrai que des troubles opposants les deux communautés ont existé par le passé, il reste à relever des actes qui distinguent les derniers évènements de ceux des décades précédentes. Jusque là, les affrontements n’ont jamais touché des familles. Cette fois tout est fait pour mener à l’irrémédiable.
Par ailleurs, si l’on peut admettre que le pouvoir local a pu être surpris une fois, il est difficile de comprendre comment des autorités averties d’une situation potentiellement si dangereuse ait laissé se reproduire de tels déchaînements de violence et, pire, retardé à chaque fois l’intervention des forces de sécurité jusqu’à ce que le pire advienne.
Sur ce point au moins et hormis les quelques titres aux ordres, tous les observateurs ont constaté à chaque crise une volonté des autorités de laisser pourrir la situation.
Toutes les décisions ou actions entreprises ont contribué à relancer le conflit.
Comment peut-on affirmer d’un inculpé qu’il est coupable de meurtre et le condamner à cinq ans de prison ? 
Comment les renseignements généraux n’ont-ils pas anticipé des troubles à rebondissement dans un pays où les moindres faits et gestes sont repérés et signalés ?
Comment a-t-on refusé de constituer une commission d’enquête exigée par les deux communautés pour faire la lumière dès le départ sur les faiblesses et les insuffisances patentes des autorités ?
Comment est-ce qu’une commission d’enquête initiée par des militants du Rcd et des citoyens neutres et crédibles a-t-elle abouti en trois semaines à identifier des auteurs et des facteurs en relation directe avec les crimes commis et que l’Etat avec sa logistique n’a-t-il ni éclairé la crise ni prévenue son aggravation ?
Comment ? Comment ? Comment ?
Il faudra probablement, pour pouvoir répondre à cette question, s’interroger sur le pourquoi.
Qu’il s’agisse de Berriane ou de Chlef, des éléments d’analyse similaires s’imposent à la lecture et dévoilent une dérive administrative inconnue jusque là dans le service public algérien.
Dans les deux villes les responsables locaux ont différé l’intervention des services de sécurité jusqu’à provoquer le maximum de dégâts.
Dans les deux villes les responsables locaux, sortant de leur obligation de réserve, ont toujours attaqué le Rcd avant de chercher à l’impliquer dans les violences qu’ils ont générées par leur laxisme et leurs manipulations.
A Chlef l’ex-wali avait carrément empêché les candidats du Rcd de déposer leur dossier lors des dernières élections locales. A Berriane la wilaya a illégalement rejeté des listes du Rcd qui a du en déposer d’autres avant d’enlever l’APC de Berriane.
Dans les deux wilaya, les responsables locaux refusent toute composition avec les élus du Rcd.
Les tentatives de manipulations des populations visant à les entraîner dans des réactions d’hostilité « contre les étrangers » ont eu lieu dans les deux villes. Les conséquences ont été moins graves à Chlef où l’homogénéité sociologique n’a pas permis d’alimenter des affrontements entre différents groupes sociaux.
Aujourd’hui, les notables mozabites et arabophones déplorent le drame de Berriane.
Non, l’origine du drame de Berriane ne vient pas des oppositions entre communautés. Les anciennes rancoeurs sont instrumentalisées pour masquer un plan diabolique de règlement de compte politique.
Il est établi que des étrangers à la ville ont été introduits et qu’ils ont agi cagoulés et en toute impunité.
Leur base de départ et leur relais locaux ont toujours été situés dans des anciens réseaux terroristes.
L’un des principaux acteurs, qui n’a jamais été entendu, n’est autre qu’un ancien gendarme révoqué par son corps d’origine dans les années sanglantes et qui a été récupéré par l’un des responsables locaux comme expert chargé de la sécurité. Gestionnaire occulte dans diverses affaires, il se répand en menaces et appels à la désobéissance contre les nouveaux élus dès qu’il a constaté leur volonté d’ouvrir nombre de dossiers où il était impliqué.
Les évènements de Berriane et de Chlef révèlent dans le sang un asservissement de l’administration par le tribalisme et leur prolongement maffieux.
Reste une question. Si la première explosion de Berriane peut être imputée aux manœuvres des responsables locaux, il est permis de considérer que les évènements suivants ne pouvaient pas échapper au pouvoir central.
Dans d’autres pays le chef de l’Etat intervient sur le champ dans des situations moins tragiques, des ministres démissionnent pour moins que cela et des sanctions tombent avant que le pire n’arrive.
Aujourd’hui des centaines de familles ont abandonné leur maison et dorment en pleine nature.
Aucune structure de l’Etat ne s’est manifestée pour prêter assistance à des victimes d’un Etat qui a été incapable de les protéger. Ce qui est naturellement fait pour une catastrophe naturelle s’impose d’autant plus que l’on est face à un séisme politique. Le message délivré est clair : ces populations doivent être punies. De quoi ?
Imprévoyance, démission, abandon et provocation; trop de fautes ont été commises à Berriane pour relever du hasard.
Le Rcd fera tout pour constituer une commission d’enquête parlementaire et dévoiler les objectifs des instigateurs de ces crimes.
Ce qui s’est passé à Berriane a endeuillé et traumatisée les populations locales. Mais ces évènements sont un signal alarmant pour la crédibilité et la stabilité des institutions.
C’est pour cela qu’il faut tout faire pour que l’Algérie connaisse les tenants et les aboutissants de cette terrible épreuve imposée à la nation.

Je vous remercie.

 

 

 

 



  Les élus locaux à l’école du RCD
Une délégation du parti présente au procès de M.Yacoubi
Ecole de formation du RCD
Suite à la saisie du ministre de la santé par Djamel Ferdjellah
Tahar BESBAS à l’inauguration du siège du SNAPAP à Msila

 
 
publié par Mouloud Oubekkou dans: rcd-souk-ahras

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