Le soixante-et-unième festival de Cannes qui se termine aujourd’hui est marqué par nombre de productions politiques et sociales dont certaines postulent à la Palme d'or. La traditionnelle montée des marches à laquelle a participé le responsable politique algérien a vu se regrouper des intellectuels comme Bernard Henri Lévy, le Tunisien Abdelwahab Meddeb, les cinéastes Lanzmann et D. Leconte, les avocats de la mosquée de Paris et du journal Charlie Hebdo, des journalistes comme Denis Jeanbar, ancien directeur de l’hebdomadaire l’Express et Laurent Joffrin, directeur du quotidien Libération. Avant la projection à laquelle a assisté le cinéaste américain Michael More, les animateurs, par la voix de maître Malka, ont dédié le film « à Said Sadi et tous ceux qui luttent pour que la tolérance et la liberté émergent et vivent partout où elles sont menacées.»
Après son intervention au Zénith de Paris à l’occasion du meeting organisé contre les tests ADN imposés aux familles d’émigrés, Said SADI a été invité le 17 mai au festival de Cannes à l’occasion de la projection du film du réalisateur Daniel Leconte « c’est dur d’être aimé par des cons » qui relate la genèse et les manœuvres qui ont accompagné la publication de caricatures d’un journal danois. 
Conférence de presse précèdant la projection du film
De g à d: Cabu (dessinateur), C. Fourest (journaliste), L.Joffrin (directeur Libération), D.Leconte (réalisateur), Ph. Val ( directeur C.Hebdo), Me Malka (avocat), S.Sadi, Me F. Szpiner (avocat).
« Je suis là car en plus de mener un combat politique sur le terrain, il faut assurer la présence de l’Algérie dans ces moments de déshérence intellectuelle partout où sont débattues les grandes questions qui nous concernent », dira Said Sadi à un journaliste algérien venu de Genève pour couvrir le festival.
Avant la montée des marches, Said Sadi a participé à une conférence de presse et une émission organisée par la télévision du festival. Durant ces deux interventions, le président du Rcd a estimé que « vouloir distinguer les musulmans par une forme de condescendance qui en ferait des êtres immatures incapables de discerner l’agression de l’ironie, qualité reconnue aux autres croyants, est une forme de ségrégation qui choque et blesse tout musulman soucieux de respect et de considération. Il est bon que ce débat ait lieu, d’autant que les deux parties sont présentes et discutent ici en toute sérénité. »
Poursuivant son analyse Said Sadi explique : « les despotes du sud qui ont inspiré, quand ils ne les ont pas organisées, les manifestations au motif que la dignité de leurs ressortissants était atteinte oublient que ce sont eux qui humilient quotidiennement leur peuple. Une fois de plus il ne s’agit pas de protéger le culte mais de confisquer le pouvoir par des procédés manœuvriers qui dégradent la religion et piègent la compétition politique par la surenchère religieuse qui fait la part belle aux intégristes. Or, ajoutera Said Sadi, le défi qui se pose à nous est précisément de libérer l’islam de l’intégrisme.» .gif)
Après la montée des marches
De g à d: S.Sadi, F. Szpiner (avocat de la mosquée de Paris), D.Leconte (réalisateur)
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