Les dates symboliques sont toujours des repères utiles. Où en est l’Algérie en cette veille du premier novembre, après 44 ans d’indépendance ? Oublions, pour une fois, les analyses générales et les constats désabusés sur la nature du régime et ses dégâts pour nous limiter à des considérations concrètes.
L’insécurité gagne de plus en plus. Alger est en passe de ressembler à Bogota. Certains indécrottables optimistes ne voient pas, dans cette extension, motif à s’inquiéter outre mesure. L’essentiel de cette violence, disent-ils, est d’ordre social et la part du terrorisme dans cette recrudescence est ‘’gérable’’. Considérons l’argument quantitatif comme recevable, ce qui est à vérifier. Il reste que la socialisation des délits est toujours une préoccupation de premier plan qui devrait alerter tout dirigeant soucieux de quiétude et de stabilité. Il est, quoi qu’on en dise, plus facile d’analyser, de cerner et, à terme, de neutraliser un mouvement insurrectionnel armé que de dissoudre une culture de la violence qui s’installe comme moyen de régulation de la demande sociale. Certains pays d’Amérique latine connaissent le prix de cette dérive et savent combien il est difficile d’en sortir.
Mais il y a pire : la jonction de la délinquance et du terrorisme est en marche. Et cette synergie crée une dynamique de déstabilisation sociale majeure.
En Kabylie, il est formellement établi que les kidnappings sont sous-traités par le GSPC à des gangs qui lui reversent une partie de la rançon.
Mais il se trouve que même sur le plan quantitatif, les statistiques officielles ont du mal à réduire les effets dévastateurs de l’opération de ‘’réconciliation nationale’’ malgré la censure et l’embargo.
Voici ce que l’on peut lire dans le quotidien El Watan du 21 octobre 2006:
- Explosion sur le gazoduc Hassi R’mel-Alger
- Faux barrage à Illilten (Tizi-Ouzou)
- Bombe artisanale à l’est d’Alger : 8 blessés
- Attaque d’un détachement de la garde communale à Oum Toub (Skikda)
- Explosion de deux portables piégés à Bouira.
- Une journée ordinaire dans l’Algérie « réconciliée ».
Le drame dans notre pays est que les bilans et les anticipations sont tabou. Il faut que la catastrophe arrive pour que l’on admette qu’il y a problème. On sait ce que l’Histoire a réservé à ceux qui ont cru que le premier novembre 54 était un coup de tonnerre dans un ciel serein.
Le RCD


